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La nouvelle enquête "Bruit, Santé Auditive et Qualité de Vie au Travail : quelles réalités"  réalisée par notre association indique que 59% des actifs en activité professionnelle interrogés sûbissent une gêne du bruit à leur poste de travail. Une progression de 7 points en 1 an. La perception des méfaits du bruit sur la vie professionnelle et personnelle augmenterait-elle ? Le bruit par son intensité et son omniprésence représente probablement l'une des pollutions aussi nocives à l'homme que l'air ; une pollution sous-estimée par méconnaissance ou par habitude culturelle.  Le bruit est toxique pour l'homme, bien en dessous des 80 dB réglementaires. Il impact insidieusement la santé, les capacités de concentration, l'ambiance entre les collaborateurs. Contrairement à l'idée reçue qu'il participe à dynamiser les équipes, le bruit est un vrai faux ami de notre santé. "Aucun problème créé par l'homme, ne peut trouver de solutions par lui" expliquait John Fitzgerald Kennedy.

"Lorsque le son devient bruit"

Il n'existe pas de différence fondamentale entre les sons tels que la parole ou la musique, et le bruit. "Le son devient du bruit lorsqu'il est gênant ou lorsqu'il est nocif pour le système auditif". Le bruit n'est donc pas défini sur des particularités physiques mais sur des critères perceptifs et biologiques.

Sur le plan de la perception, le bruit est associé à un son subi et désagréable.

Sur un plan biologique, le bruit devient nocif au-delà de 60 dB, seuil à partir duquel sa présence génère des difficultés de concentration et une fatigue dûe à une difficulté de compréhension de la parole.

"Le bruit a des conséquences extra-auditives et tout particulièrement sur notre système endocrinien"

Le bruit entraîne une augmentation des hormones du stress appelées adrénalines et neuradrénalines qui sont impliquées dans le process d'adaptation au stress. Le bruit peut donc agir comme un stimulant "un excitant" mais aussi comme un facteur de déséquilibre rendant la personne vulnérable.  

Aussi, une exposition chronique va modifier les équilibres endocriniens peut avoir des répercussions sur les comportements (irritabilité et agressivité) ; sur le sommeil ; l'équilibre cardio-vasculaire ; l'état de fatigue et de stress (risques psycho-sociaux).

"Le bruit agit comme un stresseur" pouvant fragilisé l'équilibre immunitaire

Les expositions sonores repétées jour après jour sont considérées comme subies et elle est interprétée par l'organisme comme une agression répétée. L'effet chronique de stress va aussi atteindre les défences immunitaires. L'individu est alors fragilisé.

Nous avons tous une responsabilité dans la production du bruit qu'elle soit indviduelle ou collective.

La mise en place de la réglementation obligeant d'agir au-delà du seuil de 80 dB pendant 8 heures d'exposition a un sens pour se protéger des atteintes à la santé. Aujourd'hui, vécue comme un contrainte subie, cette réglementation devrait faire l'objet d'une impulsion pédagogique sur la philosophie du Care : prendre soin de soi et des autres.

Ce seuil réglementaire est un indispensable pour éviter les surdités professionnelles au nombre d'environ 1 000 cas par annnée. Toutefois, la réglementation n'invite pas à considérer les effets délétaires du bruit en dessous de ce seuil. C'est pour cette raison que l'association JNA a développe le programme Santé auditive au travail et sensibilise l'ensemble de la population et les pouvoirs publics au travers des campagnes Semaine de la Santé auditive au travail. Apprenons à développer des ambiances sonores de vie saines.